Ouverture de la phase diocésaine du Synode sur la synodalité (17 octobre, 2021)

Pour souligner le début du cheminement synodal diocésain, une célébration Eucharistique spéciale à été présidée par notre évêque, Mgr Daniel Jodoin le 17 octobre dernier en la Cathédrale du Sacré-Coeur de Bathurst.

Voici l'homélie de Mgr Jodoin lors de l’ouverture de la phase diocésaine du Synode sur la synodalité (Cathédrale, le 17 octobre 2021)
       

Vous vous souvenez sûrement de l’épisode des disciples d’Emmaüs : « Le même jour, deux disciples faisaient route vers un village appelé Emmaüs, à deux heures de marche de Jérusalem, et ils parlaient entre eux de tout ce qui s’était passé. Or, tandis qu’ils s’entretenaient et s’interrogeaient, Jésus lui-même s’approcha et marchait avec eux…plus tard, après avoir reconnu le Christ à la fraction du pain, ils se dirent l’un à l’autre : « Notre cœur n’était-il pas brûlant en nous, tandis qu’il nous parlait sur la route et nous ouvrait les Écritures ».
 
Comme les disciples d’Emmaüs, nous sommes en marche.  Nous sommes le Peuple de Dieu en marche vers le Père, un Peuple de pèlerins, un Peuple de missionnaires. Membres à part entière de Église du Christ de par notre baptême et notre confirmation, nous sommes tous appelés à cheminer ensemble, unis les uns aux autres et apportant à l’ensemble nos dons, nos talents et surtout notre cœur. Voilà ce que signifie la synodalité.
 
Dimanche dernier, le pape François a solennellement donné le coup d’envoi à un processus synodal qui se conclura à Rome en 2023. Ce processus synodal comprend diverses étapes : diocésaine, continentale et universelle. Pour nous, commence aujourd’hui l’étape diocésaine. Ainsi au cours des prochains mois, nous serons invités à nous rassembler pour non seulement écouter, discuter et réfléchir à ce que signifie  « marcher ensemble avec le Seigneur » mais surtout à « vivre cette synodalité » et à adopter de plus en plus ce style et cette manière de vivre pour les années à venir.
 
Tous seront alors appelés à contribuer : les prêtres, les diacres, les fidèles laïcs, les religieux et les religieuses, les consacrés, les mouvements et les groupes de prière, les personnes très engagées en Église comme celles qui le sont moins, les jeunes et les personnes aînées, sans oublier les plus pauvres, les distants et même les membres de d’autres traditions religieuses et les non-croyants.
 
Une Église synodale permet à tous comme Peuple de Dieu d’avancer ensemble sur le chemin de l’Évangile en étant d’abord à l’écoute de l’Esprit Saint, de la Parole de Dieu dans l’Écriture et de la Tradition vivante de l’Église;  puis à l’écoute des uns et des autres, surtout ceux qui sont en marge, en périphéries, souvent des exclus et des oubliés; cette écoute et ce partage permettant ensuite de discerner ensemble les signes des temps et de favoriser une participation à la coresponsabilité où tous sont conviés à participer au service de la mission que le Christ nous a confiée. Ceci appelle assurément de notre part une certaine conversion personnelle et communautaire afin de voir l’Église et son parcours comme le désire le Seigneur.
 
Le thème de ce Synode est le suivant: « Pour une Église synodale : Communion, participation et mission ». Communion, car le Christ est bien venu nous mettre en communion dans l’Esprit comme des frères et des sœurs et avec Dieu son Père. Communion avec la Trinité mais aussi communion avec la famille humaine qui nous entoure. Mission, car l’Église n’existe pas pour elle-même, elle existe pour réaliser la mission que le Christ nous a confiée : soit Évangéliser, apporter la bonne nouvelle de l’Évangile à toutes les nations, leur présenter le Christ, faire naître, croître et célébrer notre foi. Puis cette communion et cette mission appellent à leur tour la participation de tous (laïcs, consacrés et ordonnés) selon les dons reçus de l’Esprit Saint, car personne ne doit être mis en marge ou se sentir exclus. Tous les membres de la communauté sont appelés à prier, écouter, discerner et donner leur avis pour que des décisions pastorales correspondent à la volonté de Dieu pour son Église.
 
Ainsi dans les prochains jours, nous nous poserons la question fondamentale suivante : « Comment ce « cheminement ensemble » se déroule-t-il aujourd’hui à différents niveaux (du niveau local au niveau universel), permettant à l’Église d’annoncer l’Évangile? Et quelles étapes l’Esprit nous invite-t-il à franchir afin de croître en tant qu’Église synodale? »
 
Comme le mentionnait le pape François dimanche dernier dans son homélie, ce processus synodal sera une occasion pour nous de faire des rencontres signifiantes qui vont nous transformer et de vivre des moments d’écoute avec le cœur (et pas seulement avec les oreilles) en accueillant ainsi le vécu de l’autre avec ouverture comme Jésus l’a fait en son temps.  Finalement, ce processus nous aidera à discerner la volonté de Dieu en se laissant guider par l’Esprit Saint.
 
Dans son discours d’ouverture, le pape François a pris soin d’ajouter que ce processus synodal doit se vivre comme un temps de grâce, un temps de grâce qui nous est donné afin de devenir de plus en plus une Église synodale : c’est-à-dire un lieu ouvert où chacun se sent chez lui et peut participer; une Église de l’écoute en faisant une pause dans nos activités actuelles pour être mieux à l’écoute des autres et de Dieu en particulier par l’adoration et la prière; et une Église de proximité comme le Christ l’a été et continue de l’être avec nous. Car le style de Dieu est proximité, compassion et tendresse : « Si nous n’arrivons pas à cette Église de proximité avec des attitudes de compassion et de tendresse, nous ne serons pas l’Église du Seigneur. »
 
Que ces prochains mois soient pour nous un temps où il fera bon de cheminer ensemble vers le Père, de devenir davantage  des pèlerins missionnaires amoureux du Christ et de son Évangile, se laissant inspirer par l’Esprit Saint sur les nouvelles voies qu’il nous indiquera.  Puissions-nous, au terme de ce processus synodal, redire comme le firent les disciples d’Emmaüs : « Notre cœur n’était-il pas brûlant en nous, tandis qu’il nous parlait sur la route et nous ouvrait les Écritures ».  AMEN