Message de notre évêque pour le Carême 2021

Homélie Mercredi des Cendres
(donné à la Cathédrale du Sacré-Cœur de Bathurst)

 
           
            Nous voilà déjà en Carême, un temps qui nous est cher comme croyants car ce temps nous permet d’approfondir notre foi et de bien nous préparer à la belle fête de Pâques, la fête de la Résurrection du Christ mais aussi, et il ne faut pas l’oublier,  la promesse de notre propre résurrection. Cette fête de Pâques est vraiment au cœur de notre foi, la source de notre joie et de notre espérance comme chrétiens.
 
            Cette année, nous allons vivre ce Carême encore une fois sous l’emprise de la pandémie. Qui aurait pensé l’an dernier au mois de mars que nous serions encore dans la même situation. Cette pandémie malheureusement bouleverse et handicape nos relations avec nos proches, nos amis et nos voisins en plus de nous empêcher de nous rassembler normalement en Église pour vivre nos sacrements en frères et sœurs. C’est une souffrance pour nous, les pasteurs, comme pour vous.
 
            Avec cette pandémie viennent naturellement toutes les mesures sanitaires, les restrictions de circulation, les quarantaines qui ont comme effet de nous éloigner les uns des autres (bien plus qu’un mètre ou deux) et par conséquence, de favoriser le repli sur soi. Ce qui est dommage car le Christ est justement venu pour nous rassembler, briser nos barrières, abolir les distances, nous mettre en communion, en relation,  avec Dieu son Père et entre nous comme frères et sœurs.
 
            Ce temps du Carême est donc une opportunité qui s’offre à nous afin de justement contrer ce repli sur soi et entrer dans le mouvement initié par le Christ.  Cesser de nous replier sur nous–mêmes pour ouvrir toujours davantage notre coeur à Dieu et à notre prochain. Le Carême deviendra ainsi pour nous un moment privilégié de découvertes : redécouvrir la présence de Dieu dans notre vie et dans notre monde; redécouvrir ceux et celles qui nous entourent, en particulier les plus pauvres, les démunis,  ceux qui ont besoin de notre écoute, de notre aide, de nos soins.
 
            Pour ce faire, le Christ nous propose 3 moyens qui existent depuis longtemps dans la tradition juive : le jeûne, la prière et l’aumône.
 
            Le premier moyen, le jeûne, est important car c’est celui qui nous permet justement de nous décentrer pour ensuite nous tourner vers Dieu et notre prochain. En effet, il y a le jeûne alimentaire bien sûr mais il y a aussi d’autres jeûnes possibles : jeuner de tout ce qui accapare notre temps et nos énergies (internet, TV, certains loisirs, etc) pour ensuite être libre de redécouvrir par la prière la présence de Dieu dans notre vie puis dans un deuxième temps  de redécouvrir avec les yeux et le coeur de Dieu la vie de ceux et celles qui nous entourent : leurs joies et leurs projets, leurs souffrances et leurs besoins. Le dernier moyen, l’aumône, s’imposera alors à nous tout naturellement. Car il est difficile de prendre soin, de secourir une personne si on ignore ce qu’elle vit, si nous vivons en silo, dans des mondes étanches et parallèles. Il faut d’abord connaître la personne.
 
            En ce Mercredi, début du  Carême, recevons sur nos têtes un peu de cendres, signe que nous désirons par le jeûne puis par la prière et finalement par l’aumône nous décentrer de nous-mêmes, redécouvrir la présence de Dieu dans notre vie et redécouvrir ce que vivent profondément les frères et soeurs afin de mieux les secourir au nom de l’Évangile.
 
            « Oui aujourd’hui, ne fermez pas votre cœur, mais écoutez la voix du Seigneur, ainsi que la voix de votre frère et de votre sœur se trouvant tout près de vous. »
 
 
Bon Carême
 

+ Daniel Jodoin, votre évêque