Infolettre diocésain du 31 mars 2020

Du bureau de l'évêque
 

Communiqué de Mgr Daniel Jodoin aux fidèles

 
En premier lieu, je tiens à remercier les curés, les salariés en paroisse (les secrétaires, comptables, concierges) qui sont tous sur place et qui travaillent fort présentement pour répondre à vos besoins et rendre nos communautés vivantes. Des membres de comités de pastorale et de gestion ainsi que les bénévoles de divers comités d’aide récemment formés participent également à cet effort. Je tiens aussi à féliciter le travail effectué par les membres de notre personnel diocésain qui, en ce moment, sont des plus occupés. Les besoins sont nombreux et ils doivent répondre efficacement aux appels provenant des quatre coins du diocèse et même d’ailleurs. Vous accomplissez tous un travail pastoral ingénieux et créatif dans chacun de vos milieux et ce, dans des conditions pas toujours évidentes et faciles. Les fidèles comptent sur vous. Comme Église, nous vivons des moments particuliers qui s’ajoutent à une histoire de plus de 2000 ans qui fut parsemée de persécutions, de guerres, d’épidémies et de martyrs. Mais à chaque fois, grâce au Christ ressuscité bien présent en elle et à l’action de nombreux laïcs, pasteurs et personnes consacrées, l’Église a su se relever plus forte et purifiée, toujours en tenue de service pour le Seigneur et le peuple de Dieu conformément à la mission qu’il nous a confiée.
 
 
Je vous fais part maintenant des directives à suivre concernant les célébrations de la Semaine sainte qui, comme vous en doutez bien, se vivra différemment cette année.

La semaine Sainte

Considérant que la date de Pâques ne peut pas être transférée et compte tenu des restrictions préventives gouvernementales sur les rassemblements et les mouvements de personnes, les offices de la Semaine sainte ne seront pas reportés mais seront célébrés différemment cette année.
 
L’évêque célébrera sans la présence du peuple de Dieu tous les offices de la Semaine sainte à la radio CKLE Péninsule 94,1 Fm à partir de l’église de Caraquet. Il continuera de célébrer les messes dominicales à la radio CKLE à 10h et ce, jusqu’à la fin du confinement collectif.
 
Les prêtres célébreront les rites de la Semaine sainte sans la présence du peuple de Dieu et dans un endroit approprié, en évitant la concélébration. Les fidèles seront informés de l'heure du début des célébrations afin de pouvoir s'unir en prière dans leurs propres maisons
 
Voici l’horaire des célébrations qui seront diffusées sur les ondes de CKLE CJVA 94,1 fm :
 
5 avril  – Dimanche des Rameaux. : Messe à 10h célébrée par Mgr Jodoin

Malheureusement, nous ne pourrons pas distribuer des rameaux bénis dans les paroisses à cause des restrictions préventives actuellement en vigueur mais lorsqu’elles seront levées, nous remettrons à ceux et celles qui le désirent des rameaux bénis sous une forme ou une autre.

 
6 avril – Lundi Saint : Chapelet et Messe à 18h30 célébrée par le Père Patrick McGraw

7 avril – Mardi Saint : Messe chrismale à 18h30 célébrée par Mgr Jodoin sur les ondes de CKLE CJVA 94,1 fm ainsi que sur la page Facebook du diocèse.

Cette célébration de la bénédiction des Huiles aura lieu en l’église de Caraquet en présence de l’évêque, du chancelier et du curé de la paroisse. Une autre célébration festive, en présence du peuple de Dieu et de l’ensemble des prêtres du diocèse, aura lieu plus tard (au moment le plus opportun) pour permettre aux prêtres de renouveler leurs vœux et de rendre grâce au Seigneur pour le ministère accompli par nos jubilaires.

 
8 avril – Mercredi Saint : Chapelet et Messe à 18h30 célébrée par le Père Patrick McGraw 
 
9 avril – Jeudi Saint : Messe de la dernière cène à 18h30 célébrée par Mgr Jodoin
 
10 avril – Vendredi Saint : Office du Vendredi Saint à 15h célébrée par Mgr Jodoin 
 
11 avril – Samedi Saint : Vigile ou Veillée Pascale à 19h célébrée par Mgr Jodoin
  
12 avril – Jour de Pâques : Messe de la Résurrection du Seigneur à 10h célébrée par Mgr Jodoin 

Note : Pour exprimer notre joie et marquer le dimanche de Pâques, on sonnera les cloches de toutes les églises du diocèse à MIDI pendant 5 à 10 minutes.

 
Etant donné les mesures préventives actuelles, nous comprenons qu’il est difficile pour vous de « faire vos Pâques » (c’est-à-dire de vous confesser et de participer aux offices de la Semaine sainte, minimalement à la messe de la Résurrection à Pâques). Le pape François a fait publier des directives afin de permettre à tous les évêques d’émettre des dispenses spéciales compte tenu de leur situation respective. Comme évêque du diocèse de Bathurst, je vous dispense donc de faire vos Pâques cette année dans les délais traditionnellement requis. Vous êtes invités à faire vos Pâques au moment que vous jugerez le plus opportun (c’est-à-dire au moment où la situation sera revenue à la normale). 
 
Ayons toujours à l’esprit que l’Église est une famille qui doit toujours être en tenue de service pour ses enfants. Un père ou une mère n’abandonne jamais sa famille même dans les moments les plus difficiles. Pensons seulement à nos ancêtres, à nos parents et grands-parents qui, dans des conditions souvent misérables et d’une extrême pauvreté, parvenaient tout de même à faire vivre leur famille avec ingéniosité et créativité.  Dans les moments les plus durs, ils s’en remettaient à Dieu, à la Providence. Une Providence qui ne les a jamais déçus.   
 
Nous devions suivre leur exemple. Ainsi, dès les premières journées de la crise, nous avons donné des consignes claires à l’effet de ne mettre à pied aucun membre du personnel, laïcs ou prêtres du diocèse de Bathurst.  En conscience, nous ne pouvions pas laisser des pères et des mères sans revenu pendant un délai alors totalement inconnu. De plus, l’Église est un service essentiel, au service de Dieu, des croyants et de tous ceux qui ont des besoins peu importe les circonstances.  En période de crise, tout le personnel est plus que jamais nécessaire afin d’être sur place à la paroisse, faire le travail nécessaire et répondre aux besoins des fidèles. Comme l’ont fait nos ancêtres, il s’agissait de s’en remettre à la Providence et de mettre en pratique les conseils évangéliques qui sont les nôtres et que nous prêchons quotidiennement.  
 
Le Christ, notre bon Berger et Marie, l’Étoile de la Mer, ont toujours su bien guider et protéger le peuple acadien tout au cours de son histoire. En ces moments de danger que nous vivons, que leur présence près de nous soit source de réconfort et d’espérance pour vous et pour tous les membres de votre famille.
 
Fraternellement en Jésus-Christ
 
+ Daniel Jodoin
Votre évêque
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Message en cette Fête de l'Annonciation du Seigneur (25 mars, 2020)
 
Vous pouvez écouter ou lire le message de notre évêque Mgr Daniel Jodoin en allant sur le site du diocèse. Voici le lien : http://diocesebathurst.com/web/fr/a-propos/bureau-eveque
 
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Le martyre des prêtres italiens par Mathieu Bock-Côté (jeudi 26 mars 2020)
 

On le sait, l’Italie est particulièrement touchée par la COVID-19.
 
Pour tout dire, c’est un carnage. La faucheuse frappe sauvagement, et massivement. Les morts s’accumulent par milliers et on est en droit de craindre que la tendance se maintienne encore pendant un temps même si, selon les autorités, la contagion semble ralentir.
 
Au moment d’écrire ces lignes, ils étaient 6800 à avoir trépassé. Je devine qu’au moment de leur publication, ils seront encore plus nombreux.
             
Religion
 
C’est dans ce contexte que nous avons appris, ces derniers jours, sur le site de l’hebdomadaire français La vie, le sacrifice des prêtres des environs de Bergame, une ville du nord du pays.
 
Dans un contexte de sauve-qui-peut généraliser, ils ont décidé de rester auprès de leurs ouailles, pour ne pas les abandonner à leur détresse devant la mort. Il y a là un sacrifice héroïque, absolument émouvant, qui mérite notre profond respect.
 
Ces prêtres poussent leur foi jusqu’à son paroxysme.
 
La chose peut sembler étonnante, pour ne pas dire révoltante, dans un monde qui ne veut plus voir dans la religion qu’une vaste supercherie. Pourtant, l’incroyance massive est assez neuve à l’échelle de l’histoire. Certains y verront la conséquence inévitable du progrès de l’esprit scientifique. C’est un point de vue plus compréhensible. Il n’est toutefois pas définitif.
 
 
Car l’homme contemporain, qui se réfugie dans les superstitions les plus loufoques, croit-il le ciel aussi vide qu’il le prétend ? Il est moins athée qu’adepte de croyances compensatoires.
 
Chaque jour, au cœur de cette crise, nous apprenons qu’une personne en phase terminale a dû mourir seule, sans personne pour lui chuchoter quelques ultimes paroles d’amour et de réconfort. On imagine sa détresse. On pourrait paraphraser la Genèse en disant qu’il n’est pas bon que l’homme soit seul dans ses derniers moments.
 
On ne devrait jamais fermer ses yeux pour de bon sans tenir une main aimante et sans faire une dernière prière, pour peu qu’on porte en soi ne serait-ce que la possibilité de la foi.
 
On peut croire, en fait, on peut être certain que c’est ce que se disaient ces prêtres, qui ont décidé de pousser leur engagement jusqu’au martyre, comme s’ils voulaient accompagner les victimes jusqu’aux cieux.
Il faut, pour cela, avoir une foi incandescente, celle qui porte vers un engagement total au service d’autrui – au service de Dieu, nous diraient ceux qui sont animés par elle et qui consentent à l’ultime sacrifice.
 
Sacrifice
 
Tout le monde sait que l’Église s’est rendue coupable d’atrocités impardonnables. Pour plusieurs de nos contemporains, le prêtre est presque automatiquement un abuseur. Il ne viendrait à l’esprit de personne de relativiser ces crimes abjects.
 
Mais dans cette crise aux allures apocalyptiques, on doit se rappeler qu’ils sont des milliers à soutenir leurs fidèles, pour répondre aux besoins de leur âme. Notre matérialisme trouve là ses limites. Reste à chacun à savoir s’il parie sur leur dépassement.