Homélie de Mgr Jodoin lors de la messe du 10 mai 2020 (5e dimanche de Pâques)

Homélie de Mgr Daniel Jodoin lors de la messe du
5ième dimanche de Pâques A - le 10 mai, 2020
En l’église Saint-Pierre-au-Liens de Caraquet
(Radiodiffusée sur les ondes de CKLE CJVA 94,1 fm 
et en direct sur la page Facebook du Diocèse de Bathurst)

 
Lorsque j’ai été nommé curé pour la première fois, c’était dans le nord du diocèse, un endroit que je ne connaissais absolument pas. Ainsi lorsque je suis arrivé dans le village,  je cherchais la maison du sacristain pour avoir les clefs du presbytère. Je me suis donc arrêté à une maison pour avoir de l’information. Une dame bien gentille m’a alors ouvert la porte et m’a dit: « La maison du sacristain… c’est bien facile à trouver.  Pas de problème! Vous prenez le chemin à votre droite, vous allez tout droit.  Après quatre rues, vous tournez à votre gauche et après la troisième rue, vous tournez  encore à votre gauche, puis après la maison blanche, vous allez voir un peu plus loin à droite un petit chemin et au bout se trouve sa maison. »  J’étais encore plus confus après toutes ces explications et je me suis finalement perdu.  Mais si la bonne dame m’avait plutôt dit : « Suivez-moi, je vous y amène avec plaisir! ».  Alors tout aurait été bien différent. J’aurais été en pleine confiance en suivant cette personne qui serait devenue pour moi le chemin pour m’y rendre.
 
C’est exactement ce qu’a fait Jésus avec nous. Il a bien dit à l’apôtre Thomas : « Moi, Je suis le Chemin, la Vérité et la Vie; personne ne va vers le Père sans passer par moi. » Ainsi au lieu de nous donner toute une série de directives à suivre (au risque de se perdre), le Christ, notre Bon Berger, a plutôt préféré nous conduire personnellement à Dieu son Père. Il est devenu le chemin, un chemin sûr pour nous rendre à la maison de son Père. Et non seulement Il nous conduit à sa maison mais en plus, Il nous prépare une place auprès de Lui. Comme des parents qui préparent avec amour la chambre et le repas préféré de leur enfant qui revient à la maison. Que demander de mieux!
 
Comme disciples du Christ, il n’y a donc aucune raison d’avoir peur. Peur du lendemain? Peur de l’avenir? Peur de la mort? Car nous savons où nous allons. Ce n’est pas le vide, ce n’est pas le néant après la mort.  Bien au contraire.  C’est d’être en communion avec Dieu le Père.  Voilà pourquoi le Seigneur nous dit : « Que votre cœur ne soit pas bouleversé : vous croyez en Dieu, croyez aussi en moi! » Suivez-moi! Je vous amènerai à bon port! 
 
Comme l’apôtre Philippe, nous sommes aussi curieux et nous voulons bien savoir qui est ce Dieu Père qui nous accueillera un jour. La réponse de Jésus est bien claire : « Celui qui m’a vu, a vu le Père. Croyez-moi : je suis dans le Père et le Père est en moi. » Jésus nous a ainsi fait connaître son Père  par ses paroles et par ses  œuvres au milieu de nous. Par tout son être, Il nous a révélé un Dieu qui veut notre bonheur, un Dieu de tendresse et de miséricorde; un Dieu qui nous aime profondément et pour qui nous avons tous du prix à ses yeux; un Dieu dont l’amour est plus fort que tout, plus fort que la mort. Un Dieu source de vie et d’amour éternel. Rien ne pourra nous séparer de Lui et rien ne pourra non plus nous séparer de tous ceux et celles qu’on aime.
 
En nous présentant son Père, Jésus nous a aussi révélé en même temps qui nous sommes en vérité : c’est-à-dire ses enfants bien-aimés, chers à son cœur. Et comme Jésus, nous sommes appelés à poser les mêmes gestes que Lui : des gestes d’amour, de paix, de pardon et de justice dans nos familles, dans notre village, dans notre lieu de travail. Non seulement nous sommes capables de réaliser les mêmes œuvres que Lui mais nous pourrons même réaliser des œuvres encore plus grandes. Quel beau message d’espérance et de confiance que le  Christ a donné à ses apôtres avant de les quitter et à chacun de nous aujourd’hui.
 
Ce dimanche est aussi jour de la fête des mères, une fête importante pour nos mères et nos grands-mères qui sont bien à l’image de Dieu étant comme Lui source de vie et d’amour. Vous savez, devenir Mère, c’est un projet de toute une vie. On devient mère un jour et c’est pour toujours. Les enfants font partie intégrante de la vie d’une mère. Et même si, à un moment donné,  les enfants s’éloignent pour faire leur propre vie, ils demeurent toujours bien présents dans les pensées et dans le cœur de leur mère, une maman qui va à chaque jour s’inquiéter pour eux, veiller sur eux, se ranger de leur côté même s’ils font des bêtises. Car les yeux d’une mère voit toujours en eux l’enfant qui est le sien, un enfant à aimer, à pardonner, à soigner et à protéger. Lorsque j’étais curé de mes paroisses, je visitais souvent des résidences pour aînés. Lors de mes visites,  le principal et souvent l’unique sujet de conversation des mères et des grands-mères que je rencontrais concernait leurs enfants et leurs petits-enfants (leur vie, leurs joies, leurs peines, leurs projets) et elles priaient beaucoup le Seigneur pour eux. Ce qui prouve que le lien qui unit une mère à ses enfants est unique et des plus fort.  Et lorsque nos mères nous quittent pour être auprès de Dieu, elles continuent d’être une mère pour nous et de prier pour nous.
 
Dans la deuxième lecture de ce matin, saint Pierre a souligné que le Christ est une pierre vivante, une pierre précieuse. Cette pierre angulaire sur laquelle nous devons tous, comme pierres vivantes, s’appuyer pour édifier l’Église, cette construction spirituelle. Une mère est aussi comme le Christ une pierre vivante, une pierre d’angle sur laquelle tous les enfants peuvent s’appuyer pour aller chercher du réconfort et de la force.  Elle est cette pierre vivante qui crée l’unité, la communion au sein de la famille.
 
Aujourd’hui, en cette belle fête des mères, rendons grâce à Dieu de nous avoir donné des mères comme source d’amour et de vie, comme pierre d’unité au sein de nos familles.  Soyons aussi rassurés de savoir que le Christ a préparé une place de choix dans la maison de son Père pour les mères et les grands-mères qui nous ont déjà quittés. En communion avec la source de l’amour et de la vie qu’est Dieu, elles continuent à coup sûr de nous aimer et de veiller sur nous avec Marie, la Mère du Christ qui est aussi notre Mère. Amen