Notre histoire


La présence de l'Église sur le territoire du diocèse de Bathurst s'inscrit dans un passé lointain. C'est en effet en 1619 qu'un Récollet, le père Sébastien, vint évangéliser les Micmacs de Miscou, Nipisiguit (Bathurst) et Miramichi et mourut d'épuisement dans les bois en 1623, alors qu'il se rendait à la rivière Saint-Jean. Il fut suivi quelques années plus tard par un Capucin, le père Balthasar de Paris, qui s'établit dans la région de Nipisiguit et y oeuvra pendant six ans.
 
En 1635, deux Jésuites, les pères Charles Turgis et Charles du Marché, vinrent jeter les bases d'une mission sur l'île de Miscou et y élevèrent une chapelle. Charles Turgis mourut peu de temps après et fut enterré au cimetière de la mission Saint-Charles. Les restes mortels du premier Jésuite mort de maladie en Nouvelle-France reposent donc en terre acadienne. D'autres Jésuites viendront remplacer les premiers, mais le climat leur étant néfaste, la mission fut transférée à Nipisiguit en 1642, où ils bâtirent une résidence, une chapelle et une "cabane de charité" pour les Indiens malades. Nicolas Denys viendra lui aussi fixer sa résidence seigneuriale à Nipisiguit en 1652, et les Jésuites y demeureront jusqu'en 1663.
 
Monseigneur de Laval confia, en 1673, cette région aux Récollets, dont le père Chrétien Leclercq, écrivain, fut le plus illustre représentant. Très peu de Français s'établirent dans cette partie de l'Acadie au temps du régime français. Les missionnaires y oeuvraient surtout auprès des Indiens, particulièrement à Miramichi (aujourd'hui Burnt Church) et Richibouctou. C'est ainsi qu'en 1685, ces deux postes bénéficièrent de la première visite épiscopale en Acadie, lorsque monseigneur de Saint-Vallier s'y arrêta, en route pour Port-Royal. L'abbé Thury, des Missions Etrangères, résidait alors à Miramichi. Récollets, Capucins, Jésuites et Prêtres des Missions Etrangères sont donc venus apporter la Parole de Dieu à la nation micmaque dès les débuts de la colonisation en Acadie.
A la suite de la dispersion en 1755, des Acadiens ayant échappé à la déportation ou étant revenus de l'exil, vinrent s'établir en groupes isolés à la baie des Chaleurs, à Miramichi, à Nipisiguit et à Saint-Basile au Madawaska. Privés de prêtres pendant plusieurs années, ils se réunissaient quand même chaque dimanche pour célébrer ce qu'on a appelé des "messes blanches". Un laïc, tel Otho Robichaud de Néguac ou Alexis Landry de Caraquet, baptisait les enfants et unissait les gens en mariage. Quelques Anglais, Ecossais et Irlandais vinrent s'établir au milieu d'eux, mais ils se groupèrent surtout dans le haut de la rivière Miramichi et à Bathurst. Le gouvernement de Halifax accepta d'abord un prêtre catholique pour aider à pacifier les Indiens, puis graduellement, les missionnaires furent autorisés à exercer leur ministère auprès des Acadiens. En 1768, Monseigneur Briand nomma l'abbé François Bailly de Messein, vicaire général de toute l'ancienne Acadie, avec résidence à Halifax. Il sera suivi en 1770 du Père Jean-Baptiste de la Brosse, s.j., qui visita les missions acadiennes jusqu'à Néguac. Après lui, l'abbé Mathurin Bourg, premier prêtre acadien, desservira tout ce territoire à partir de Tracadièche, aujourd'hui Carleton en Gaspésie.
 
La révolution américaine ayant provoqué le départ de nombreux Loyalistes, plusieurs d'entre eux vinrent s'établir surtout le long de la rivière Saint-Jean, et en 1784, le Nouveau-Brunswick devint une colonie séparée. La population catholique qui augmentait nécessita donc des missionnaires en plus grand nombre. Caraquet, Richibouctou, Saint-Basile dans le nord, furent choisis comme lieux de résidence de ces missionnaires qui rayonnaient de là dans les localités avoisinantes. Au cours des années où la région demeura sous la juridiction de l'évêque de Québec, trois d'entre eux y effectuèrent une visite pastorale, soit monseigneur Hubert qui vint à Caraquet en 1795, monseigneur Denaut en 1803 et monseigneur Plessis en 1811 et en 1812. En 1821, l'abbé Angus-Bernard MacEachern devint évêque auxiliaire et suffragant de Québec pour le Nouveau-Brunswick, l'île du Prince-Edouard et les Iles de la Madeleine et élut domicile à Charlottetown. L'évêque de Québec continua cependant à y envoyer des missionnaires et cela, jusqu'en milieu du dix-neuvième et même jusqu'au vingtième siècle.
 
Le 10 août 1829, Rome érigea le diocèse de Charlottetown et monseigneur A.B. MacEachern en devint le premier titulaire. Il avait deux vicaires généraux au Nouveau-Brunswick, les abbés William Dollard au nord et Antoine Gagnon au sud. L'évêque de Québec agissait comme vicaire général au Madawaska. La presque totalité des catholiques au Nouveau-Brunswick étaient alors des francophones. Entre 1834 et 1840 cependant, trente mille Irlandais vinrent s'implanter dans cette province. Ceux-ci s'installèrent surtout dans la région de Saint-Jean mais un bon nombre vinrent aussi dans le nord de la province.
 
Une telle affluence de catholiques allait changer la situation. Le 30 septembre 1842, le Nouveau-Brunswick fut détaché de Charlottetown et érigé en diocèse. Il y avait alors treize prêtres dans la province dont huit Canadien français et cinq Irlandais. Ce fut un de ces derniers, monseigneur William Dollard, qui fut choisi comme premier évêque. Il fut ordonné le 11 juin 1843, et comme il était curé de Fredericton au moment de sa nomination, il y établit sa résidence épiscopale. Quelques années plus tard, il se fixera à Saint-Jean et le diocèse prendra alors le titre de diocèse de Saint-Jean. Le 4 mai 1852, ce diocèse devenait suffragant de la nouvelle province ecclésiastique de Halifax, rompant ainsi les liens plus que séculaires avec le diocèse de Québec.
 
Lorsque le deuxième évêque de Saint-Jean, monseigneur Thomas-Louis Connolly devint archevêque de Halifax en 1858, il recommanda à Rome de diviser le Nouveau-Brunswick en deux diocèses: l'un au nord comprenant les comtés de Victoria, Madawaska, Gloucester, Northumberland et Kent-nord, avec une population catholique au nombre de 45 000 et un autre au sud, à Saint-Jean, où la population catholique s'élevait à 40 000. Quoique les deux plus grandes paroisses catholiques du nord étaient situées dans les localités francophones de Caraquet et de Saint-Basile, c'est Chatham, dans le comté de Northumberland, à l'extrémité sud du diocèse, qui fut choisi comme siège épiscopal.
 
Monseigneur James Rogers, jeune prêtre irlandais de 34 ans, devint le premier évêque de ce nouveau diocèse. Né à Mount Charles dans le comté de Donegal en Irlande, le 11 juillet 1862, fils de John Rogers et de Mary Britton, il émigra à Halifax avec ses parents en 1831, âgé de cinq ans seulement. Il fit ses premières études dans cette ville, mais dut se rendre au Séminaire des Sulpiciens à Montréal pour y poursuivre ses études théologiques. Ordonné diacre par monseigneur Ignace Bourget le 14 juin 1851, il reçut l'ordination sacerdotale des mains de monseigneur Walsh le 2 juillet de cette même années. Le jeune prêtre exerça son ministère en Nouvelle-Ecosse jusqu'en 1857, alors qu'il fut envoyé aux Bermudes où il y construisit la première église catholique de ces îles. Rappelé en 1858, il devint secrétaire de l'archevêque, tout en enseignant aussi au collège Saint Mary's de Halifax. Il fut sacré évêque à Charlottetown, le 15 août 1860, par monseigneur Connolly, assisté de monseigneur Mullock de Terre-Neuve, monseigneur McKinnon d'Arichat et monseigneur Sweeney de Saint-Jean. monseigneur Connolly et monseigneur Sweeney se rendirent ensuite avec monseigneur Rogers à Chatham, où il fut installé le 22 août 1860.
 
Le jeune évêque trouva un champ d'apostolat à la mesure de son zèle et de son énergie. Son vaste diocèse comptait alors soixante missions avec seulement huit prêtres pour les desservir. Les cures étaient situées à Richibouctou, Chatham, Nelson, Tracadie, Caraquet, Shippagan, au village de Bathurst et à Saint-Basile. La population était pauvre et en très grande majorité rurale. La petite ville de Chatham elle-même ne possédait qu'une chapelle. La cathédrale ne sera bâtie qu'au cours de l'épiscopat du successeur de monseigneur Rogers. Tout était donc à organiser. Une portion du "troupeau" attira surtout la compassion de l'évêque : c'était les lépreux de la péninsule acadienne. On les avait d'abord logés dans des baraques sur une île dans la rivière Miramichi, sans aucun soin. Le curé Lafrance de Tracadie obtint finalement des autorités gouvernementales que le lazaret soit transféré à Tracadie, où les pauvres malheureux pourraient au moins bénéficier des secours de la religion et être près de leurs parents. Monseigneur Rogers fit des démarches pour obtenir une communauté de religieuses au Québec et ce furent les Hospitalières de Saint-Joseph qui acceptèrent de relever le défi. C'est ainsi qu'elles arrivèrent à Tracadie en 1868 pour prendre soin des lépreux et autres malades. Elles s'établiront par la suite à Chatham en 1869, à Saint-Basile en 1873 et à Campbellton en 1888.
 
Un autre domaine en souffrance était celui de l'éducation catholique. Dès 1861, monseigneur Rogers ouvrit une "Académie" pour garçons dans sa propre résidence épiscopale. Quatre-vingt-trois jeunes garçons, des Irlandais pour la plupart, la fréquentèrent dès la première année. En 1864, il obtint quatre Soeurs de la Charité de Halifax, communauté nouvellement fondée, pour enseigner à l'école paroissiale du village de Bathurst, aujourd'hui Bathurst-ouest. Elles durent laisser Bathurst en 1871, mais elles reviendront en 1890. Les Soeurs de la Congrégation Notre-Dame viendront enseigner à Newcastle en 1869, à Bathurst en 1871, à Caraquet en 1874 et à Saint-Louis de Kent en 1874. En 1876, les Frères des Ecoles Chrétiennes de Montréal acceptèrent de venir enseigner au petit collège de Chatham et ils y demeureront jusqu'en 1880. Après leur départ, le Collège fut fermé, faute d'enseignants et il ne rouvrira ses portes qu'en 1910. Enfin, les Eudistes viendront prendre charge du nouveau collège construit par monseigneur Théophile Allard à Caraquet en 1899.
 
En 1874, l'abbé Marcel-François Richard, curé de Saint-Louis, déçu de ce que le collège Saint-Joseph de Memramcook soit devenu presque anglophone, décida d'ouvrir un collège pour les Acadiens dans sa paroisse, en même temps qu'il fondait une école pour filles confiée aux religieuses de la Congrégation Notre-Dame. A cause d'un malentendu avec monseigneur James Rogers, il sera obligé de fermer son collège en 1882 et il s'ensuivra un long conflit avec son évêque à ce sujet. L'abbé Marcel Richard était devenu le chef de file des Acadiens pour la revendication de leurs droits, et en particulier, pour obtenir de Rome qu'un des leurs accède à l'épiscopat. Les Acadiens formaient la majorité des catholiques dans les provinces Maritimes et surtout au Nouveau-Brunswick, mais les cadres de l'Eglise étaient toujours irlandais. Grande fut la déception des Acadiens quand monseigneur Thomas Barry et monseigneur Timothy Casey furent nommés respectivement évêques coadjuteurs de Chatham et de Saint-Jean en 1899. Déçus et humiliés, les prêtres acadiens, sauf le vicaire général de la cathédrale de Saint-Jean, s'abstinrent d'assister au sacre des deux évêques, le 11 février 1900. Lorsque monseigneur Rogers démissionna en 1902, monseigneur Barry devint évêque de Chatham.
 
L'abbé Marcel-François Richard fera deux voyages à Rome, en 1908 et  1910, pour plaider la cause des Acadiens auprès du Saint Père lui-même. Le pape Pie X lui promit de leur donner bientôt un évêque et même, lui fit don d'un calice en or comme gage de sa promesse. - Jean-Paul II rappellera avec émotion ce geste symbolique le 13 septembre 1984 à Moncton, en se servant lui-même de ce calice pour la célébration de l'Eucharistie. - Finalement, 1912, un Acadien, monseigneur Edouard LeBlanc, deviendra évêque de Saint-Jean. Mais en 1914, Rome nomma encore un Irlandais, monseigneur Louis O'Leary, comme auxiliaire de l'évêque de Chatham, le plus acadien de tous les diocèses des Maritimes, la population catholique s'élevant alors à 80 927 dont 64 604 étaient d'expression française. Les prêtres acadiens boycottèrent de nouveau le sacre de cet évêque irlandais, qui eut lieu le 11 juin 1914. Par la suite, les démarches des Acadiens se firent de plus en plus pressantes afin d'obtenir que le prochain évêque de Chatham soit de langue française. Monseigneur Edouard LeBlanc fit lui-même un voyage à Rome, et soutenus dans leurs efforts par les évêques du Québec, les Acadiens eurent enfin gain de cause. Mais monseigneur Marcel Richard n'aura pas sur terre la joie de voir ses longs et pénibles efforts récompensés. Il décéda le 18 juin 1916 et fut inhumé au sous-sol du Monument de l'Assomption, qu'il avait lui-même élevé à la gloire de la patronne des Acadiens.
 
A la mort de monseigneur Barry, monseigneur Louis O'Leary devint évêque de Charlottetown tandis que son frère, monseigneur Henry O'Leary était muté à Edmonton dont il devenait l'archevêque. En 1920, le Saint-Siège nomma monseigneur Patrice-Alexandre Chiasson évêque de Chatham. Celui-ci fit transférer le siège épiscopal de Chatham à Bathurst, site plus central, où il fut intronisé par monseigneur Arthur Melanson, archevêque de Moncton, le 15 mai 1938. Le diocèse fut placé  sous le patronage de Notre-Dame de l'Assomption.

Voici un extrait d'un article paru à la une du journal L'Évangéline du 19 mai 1938 et repris dans la publication diocésaine La/The Barque de l'Automne/Fall 2013 pour honorer les 75 ans du transfert du diocèse...

Le siège épiscopal de Chatham ayant été transféré à Bathurst par un décret de la Congrégation Consistoriale, le titulaire du diocèse, Son Excellence Mgr P.-A. Chiasson, devient évêque de Bathurst et son diocèse, à partir de mainenant, sera le diocèse de Bathurst. Sous cette nouvelle désignation, cependant, le diocèse de Mgr Chiasson conserve les mêmes limites qui lui avaient été fixées par le décret du mois de février 1936 et comprend, par conséquent, les comtés civils de Gloucester, Madawaska, Restigouche, Victoria et Northumberlan. Le diocèse de Bathurst compte une population catholique de 110,000 âmes, 113 prêtres séculiers, 10 religieux, 61 paroisses, 2 collèges classiques, 15 couvents, 2 orphelinats, 5 hôpitaux, 9 écoles préparatoires pour garçons (Chiffres empruntés au Canada ecclésistique de 1937). Mgr Chiasson, qui est né en 1867, a été sacré évêque en 1917 (octobre) et intronisé à Chatham au mois de décembre 1920. Sur le siège de Chatham, il a succédé à feu S. G. Mgr Thomas Barry.

Aujourd'hui en 2015, le diocèse de Bathurst s'étend de Glen Levit au Restigouche en passant par la région Chaleur jusqu'a l'ile de Miscou dans la Péninsule Acadienne. Nous sommes un diocèse francophone au service de 56 paroisses dynamiques et vivantes, où de ce nombre dix sont anglophones.

 

Armoiries du Diocèse


Son Exc. Mgr Camille LeBlanc a fait préparer des armoiries pour le diocèse de Bathurst par le Père Dom William Bayne, bénédictin, et le Frère Gérard Brossard, assomptionniste.
 
Voici les explications héraldiques telles que fournies par les deux religieux experts dans cet art, tiré d'un article paru dans le journal L'Évangéline du 18 janvier 1945 et repris dans la publication diocésaine La/The Barque de l'Automne/Fall 2013...

 

BLASON - D'or à la croix quadrante d'azur chargée en coeur d'une étoile à cinq rais d'argent, à la campagne ornée d'azur et d'argent de cinq pièces : au chef de gueules au lion passant d'or.
 
Trois idées principales sont représentées dans ce blason : le Sacré-Coeur, titulaire de l'église cathédrale de Bathurst; la Vierge Marie dans son Assomption patronne du peuple acadien; le Nouveau-Brunswick où se trouve situé le diocèse.
 
I : Le titulaire de la cathédrale est figuré par la croix, instrument de la Rédemption : sa couleur est bleue pour rappeler la part que la Bienheureuse Vierge marie y a prise, puisqu'on l'appelle la co-rédemptrice du genre humain.
 
II : La Vierge marie, patronne du peuple acadien, sous le vocable de son Assomption, est en place d'honneur sous le symbole d'une étoile qui rappelle avec les flots en bas de l'écu le chant national des Acadiens : "L'Ave Maris Stella". Ces flots rappellent aussi qu'une grande partie de la population a comme principale industrie, la pêche. Le tout est sur un fond d'or, la courleur des parvis célestes.
 
III : Pour rappeler que le diocèse de Bathurst est situé dans la province civile du Nouveau-Brunswick, le chef des armoiries de cette province figure dans le blason diocésain.
 
Par le choix de ses couleurs, le blason de Bathurst est surtout d'inspiration mariale, parce que justement le peuple acadien est un peuple marial, si l'on peut dire ainsi.

Évêques prédécesseurs

Les évêque émérites


Mgr Thomas Barry
(1902-1920)

Monseigneur Thomas Barry, qui succéda à monseigneur Rogers, était né à Pokemouche au Nouveau-Brunswick,  le 3 mars 1841, fils de Thomas Barry et de Mary Hamon. Il étudia à Montréal où il fut ordonné par monseigneur Ignace Bourget le 5 août 1866. Ses différentes nominations le conduisirent dans toutes les régions du diocèse. En tant que curé de Bathurst, c'est lui qui fera construire la belle église en pierre qui deviendra la cathédrale de son successeur.
 
L'épiscopat de monseigneur Barry fut marqué par la réouverture du collège de Chatham, désormais appelé collège Saint-Thomas, et par l'arrivée des pères Basiliens qui en prendront charge en 1910. Ils y demeureront jusqu'en 1923. Le collège de Caraquet ayant brûlé, les pères Eudistes, après quelques réticences de la part de monseigneur Barry, le transférèrent à Bathurst en 1916. Sous l'instigation de l'évêque, les Hospitalières ouvrirent l'Académie Sainte-Famille à Tracadie en 1912, afin d'offrir une éducation secondaire catholique aux jeunes filles de la région.
 
Les lois antireligieuses de France provoquèrent l'arrivée dans le diocèse des pères Trappistes en 1902, et des soeurs Trappistines en 1905, à Rogersville. Les Filles de Jésus les suivront en 1903 à Rogersville, Dalhousie, Chatham ( résidence épiscopale ) et Bathurst ( presbytère ). Les Religieuses de Jésus-Marie arrivèrent à Lamèque en 1918, pour s'occuper de l'éducation de la jeunesse. Au Madawaska, les Filles de la Sagesse vinrent, en 1904, prêter main-forte aux Hospitalières qui assumaient seules l'éducation française et catholique dans cette région depuis 1873.
 
A la mort de Monseigneur Barry, le diocèse de Chatham comptait 98 952 catholiques dont 81 729 étaient de langue française. Il y avait alors soixante-seize prêtres de langue française et vingt-cinq de langue anglaise; treize couvents de femmes dont quatre de langue anglaise et deux communautés religieuses masculines de langue française. Il était évident que la partie française du diocèse s'était beaucoup développée. Les comtés limitrophes au Québec, Restigouche et Madawaska, avaient accueilli de nombreux Québécois. A la suite de la fondation du collège Saint-Joseph, et plus tard, de celles du Collège Sainte-Anne de la Pointe-de-l'Église et du collège du Sacré-Coeur à Bathurst, de jeunes Acadiens, en nombre croissant, purent s'instruire et prendre leur place dans la société et dans l'Église. Les couvents de femmes jouèrent aussi un grand rôle dans la conservation de la langue française et de la loi catholique dans cette région de la province.

Mgr Patrice-Alexandre Chiasson 
Premier évêque acadien du diocèse de Bathurst
(1920 - 1942) 

Monseigneur Patrice-Alexandre Chiasson est né à Grand-Étang, au Cap-Breton, le 26 novembre 1867. Il avait à peine cinq ans quand ses parents, Olivier Chiasson et Angèle Haché, vinrent s'établir à Rogersville, alors colonie naissante. Monseigneur Marcel-François Richard eut tôt fait de remarquer ce jeune homme qui avait choisi la profession d'enseignant. Il l'encouragea donc à poursuivre ses études au collège de la Pointe-de- l'Église, en Nouvelle-Écosse. Ses études terminées, Patrice-Alexandre entra dans la congrégation des Eudistes et fut ordonné prêtre à Rennes en France, le 8 juin 1898. De retour au Canada, il se consacra à l'éducation de la jeunesse au collège Sainte-Anne dont il devint le supérieur en 1908. Son mandat n'était pas encore terminé quand Benoit XV le nomma évêque de Lydda et lui confia le vicariat apostolique du golfe Saint-Laurent. Il fut sacré évêque le 13 octobre 1917 à la Pointe- de-l'Eglise, par le Cardinal Bégin, archevêque de Québec, assisté de monseigneur McCarthy, archevêque de Halifax et monseigneur Edouard LeBlanc, évêque de Saint-Jean.

Monseigneur Chiasson eut à coeur le développement social et spirituel de son peuple. A cet effet, il fonda, à Bathurst, une maison de retraites fermées et joua un grand rôle dans l'établissement du sanatorium Notre-Dame de Lourdes et de l'Hôtel-Dieu de Saint-Joseph. A sa demande, des cours d'été furent institués à l'Université du Sacré-Coeur à Bathurst, à l'intention des professeurs acadiens et il appuya fortement la fondation de l'Association Acadienne d'Education. Il mit sur pied toute une organisation d'Action catholique dans son diocèse et s'occupa aussi de recrutement vocationnel. C'est lui qui aura la joie d'ériger canoniquement la congrégation des Filles de Marie de l'Assomption le 29 mai 1924, fondée le 8 septembre 1922 par l'abbé Arthur Melanson, futur premier archevêque de Moncton. Les Religieuses de Notre-Dame du Sacré-Coeur, autre congrégation acadienne fondée en 1924, s'installèrent à Petit-Rocher durant son mandat. Le mouvement coopératif prit aussi un grand essor grâce à l'appui de monseigneur Chiasson et au zèle de l'abbé Livain Chiasson, curé de Shippagan et d'un groupe de laïcs engagés.

Le 31 janvier 1942, monseigneur Patrice-Alexandre Chiasson décédait à l'âge de 74 ans après 21 ans d'épiscopat. Lors de la création du diocèse de Moncton, le comté de Kent et une partie francophone du comté de Northumberland avaient été détachés du diocèse de Bathurst pour faire partie du nouvel archidiocèse.

Mgr Camille-André LeBlanc 
(1942 - 1993)

Monseigneur Arthur Melanson étant décédé peu de temps après monseigneur Patrice-Alexandre Chiasson, Rome dut nommer à la fois un archevêque et un évêque acadiens. La liesse fut grande en Acadie en ce 8 septembre 1942, quand monseigneur IIdebrando Antoniutti consacra les deux élus, monseigneur Norbert Robichaud et monseigneur Camille-André LeBlanc et lança son vibrant "Surge, Acadia mia!" ( Le rêve de monseigneur Marcel Richard s'était enfin réalisé. )

Monseigneur LeBlanc fut installé le 9 septembre 1942 par monseigneur Antoniutti. Camille-André LeBlanc est né à Robichaud Office, paroisse du Barachois, le 25 août 1898, du mariage d'Alphée LeBlanc et de Zélica Léger. Il fit ses études au collège Sainte-Anne où il eut  comme professeur le père Patrice-Alexandre Chiasson. Ses études théologiques terminées au Séminaire de Halifax, il fut ordonné prêtre le 5 avril 1924 par monseigneur Edouard LeBlanc.

L'épiscopat de monseigneur LeBlanc, se situant surtout en période d'après-guerre, sera témoin d'un grand essor démographique, économique, social et religieux. En 1945, 40 000 catholiques du diocèse de Bathurst passeront au nouveau diocèse d'Edmundston avec monseigneur Marie-Antoine Roy comme premier titulaire. Le 9 février 1959, le secteur anglophone de la Miramichi se séparera de Bathurst pour s'annexer au diocèse de Saint-Jean. Quinze paroisses furent affectées par ce changement.

Au cours de ses vingt-six années comme évêque, monseigneur LeBlanc érigea dix-neuf nouvelles paroisses, autorisa la construction de trente églises, de six nouveaux hôpitaux et d'un foyer. Il admit cinq nouvelles communautés d'hommes dans le diocèse : les Capucins en 1946, les Salésiens en 1947, les Missionnaires de La Salette en 1948, les Frères du Sacré-Coeur en 1948 et les Frères de l'Instruction Chrétienne en 1945 et cinq communautés de femmes : les Ursulines en 1945, les Servantes du Clergé en 1948, les Soeurs des Saints Coeurs de Jésus et de Marie en 1949, les Salésiennes en 1943 et les Servantes du Saint-Sacrement en 1960. Un institut séculier fut fondé à Bathurst par le père Pascal, capucin, les Franciscaines du prêtre et de l'Action catholique. Monseigneur LeBlanc eut le bonheur d'ordonner quatre-vingt nouveaux prêtres tandis que le nombre de religieux, prêtres et frères s'élevait en 1969 à cent soixante-quinze et celui des religieuses à cinq cent cinquante.

En 1963, monseigneur LeBlanc fonda le Petit Séminaire Saint-Charles à Bathurst. Quand il était curé à Shemogue, il avait mis sur pied la première coopérative acadienne; en tant qu'évêque, il encouragea donc fortement le mouvement des Caisses populaires et des Coopératives. Monseigneur favorisa aussi l'Action catholique dans son diocèse, réunit deux synodes diocésains et assista au Concile Vatican II. Ayant atteint l'âge de 70 ans, il donna sa démission le 10 janvier 1969, peu de temps après avoir fêté ses vingt-cinq ans d'épiscopat. Il fut aumônier à l'hôpital de l'Enfant-Jésus de Caraquet. Il est décédé en 1993.

Mgr Edgar Godin 
(1969 - 1985)

Le cinquième évêque de Bathurst est né à Fair Isle, paroisse de Néguac le 31 mai 1911, fils de Joseph Godin et de Marguerite Breau. Il fit ses études secondaires à l'Université du Sacré-Coeur de Bathurst et ses études théologiques au Grand Séminaire de Halifax. Ordonné prêtre par monseigneur Patrice-Alexandre Chiasson le 15 juin 1941, il poursuivit ses études en droit canonique à l'Université Laval et à la Grégorienne de Rome, où il obtenait un licence en droit canonique en 1947. Il a été successivement vicaire, prédicateur de retraites, vice-chancelier, chancelier, vicaire général et aumônier à l'Hôtel-Dieu de Bathurst, poste qu'il occupa jusqu'à sa nomination comme évêque de Bathurst le 12 juin 1969. Monseigneur Emmanuele Clarizio, délégué apostolique, lui conféra l'ordination épiscopale le 25 juillet, à la cathédrale du Sacré-Coeur de Bathurst.

C'est à monseigneur Godin surtout que reviendra la tâche  de mettre en application les orientations du Concile Vatican II. Le défi était grand  puisqu'il allait de pair avec une crise dans la société et dans l'Eglise. Dès ses débuts, il se dota d'un conseil presbytéral et encouragea la formation de conseils de pastorale aux trois nouvelles paroisses et conféra l'ordination sacerdotale à dix-huit nouveaux prêtres. Le diocèse comptait alors cinquante-sept paroisses et treize  missions avec quatre-vingt-cinq prêtres diocésains et vingt-trois religieux pour les desservir. 

Pendant son épiscopat de seize ans, monseigneur Godin aura été témoin de grands changements dans la société, lesquels eurent leur répercussion dans l'Église. Plusieurs institutions diocésaines d'éducation fermeront leurs portes ou seront transformées : le collège des pères Eudistes passera à une administration laïque avant de disparaître complètement au profit d'un collège communautaire abritant un Institut de technologie. Les deux collèges féminins, celui des Religieuses de Jésus-Marie à Shippagan et celui des Filles de Marie de l'Assomption à Bathurst ont disparu et ont fait place au Centre Universitaire de Shippagan, une constituante de l'Université de Moncton. Toutes les écoles privées - académies et pensionnats - dirigées par les religieuses ont fermé leurs portes à la suite de la restructuration du système scolaire et l'apparition des polyvalentes. Le Petit Séminaire Saint-Charles, quant à lui, n'eut que quelques années d'existence. Les juvénats des Frères du Sacré-Coeur et des pères Eudistes sont également disparus. Ce dernier est devenu un centre de ressourcement spirituel pour retraites et sessions. Les oeuvres caritatives aussi ont subi un changement. Quelques hôpitaux sont devenus la propriété du gouvernement, mais les Hospitalières de Saint-Joseph administrent encore un foyer et deux hôpitaux et les Filles de Jésus, un troisième hôpital.

À ce moment, plusieurs religieuses et quelques frères enseignent encore dans les écoles publiques, quoique leur nombre ait beaucoup diminué. Par contre, un bon nombre de religieuses travaillent en catéchèse, à l'office de la famille, au tribunal matrimonial, en pastorale hospitalière, en pastorale paroissiale et dans des milieux défavorisés. Depuis quelques années, trois centres d'accueil pour femmes en difficulté ont été ouverts par deux communautés différentes.

La vitalité de la vie religieuse se manifeste, entre autres, par la naissance de nouveaux mouvements ou nouvelles associations, tels le Renouveau conjugal, le Mouvement des cursillos et celui des "Teen Encounter", la Rencontre, le Renouveau charismatique, Foi et Partage, les sessions Alpec, la Vie montante, Jeunes du monde, le Mouvement des femmes chrétiennes, Développement et Paix, Bien-Etre et santé et d'autres moins nouveaux tels les Chevaliers de Colomb, les Filles d'Isabelle, la Catholic Women's League, Service d'orientation des familles, Scoutisme et Guidisme. Même si la pratique religieuse a connu une certaine baisse au cours des années soixante-dix, cette baisse n'a jamais connu une proportion alarmante.  Le pèlerinage annuel à Sainte-Anne du Bocage attire des milliers de personnes, et la neuvaine qui le précède est suivie avec ferveur et est retransmise par la radio locale. Un autre signe d'espérance pour monseigneur Godin est l'augmentation du nombre des séminaristes. 

Les organismes de pastorale du diocèse comprenait un centre pastoral, la pastorale des vocations, la pastorale de la santé, du tourisme et la pastorale missionnaire, ainsi que l'office de la famille. Il existait également une commission des religieux et des religieuses au niveau diocésain. Somme toute, le diocèse semblait s'être assez bien engagé sur la voie tracée par Vatican II.

Monseigneur Edgar Godin, qui s'est toujours intéressé à l'histoire, aurait été heureux d'organiser la célébration de ce 125e anniversaire du diocèse. Malheureusement, la mort est venue le prendre, après une courte maladie, le Samedi saint au soir, 6 avril 1985. Il était âgé de 73 ans et 11 mois et avait servi 16 ans comme évêque.

Mgr Arsène Richard 
(1986-1989)

Monseigneur Arsène Richard est né à Saint-Louis-de-Kent le 9 mai 1935, fils de Basile Richard et Joséphine Richard. Après ses études primaires à Saint-Louis-de-Kent, il fit son cours classique à l'Université du Sacré-Coeur de Bathurst de 1949 à 1956 et ses études théologiques au Séminaire Saint-Coeur-de-Marie, de Halifax, de 1956 à 1960. Il a été ordonné prêtre par Son Excellence monseigneur Norbert Robichaud le 11 juin 1960 dans sa paroisse natale. Après son ordination, il a été professeur au Collège de l'Assomption, directeur des étudiants au Centre étudiant Pie X de Moncton.

Il a ensuite poursuivi des études en liturgie à l'abbaye Saint-André, à Bruges, en Belgique de 1964 à 1965. De 1965 à 1966 il fit ses études en catéchèse à l'Institut catholique de Paris. De retour dans son diocèse, il a été nommé directeur diocésain de catéchèse le 10 septembre 1967, poste qu'il occupa jusqu'au 27 juillet 1984. Outre cette fonction au niveau diocésain il a été vicaire dominical en la paroisse du Christ-Roi en 1970. En 1971 il est nommé responsable de la mission Sainte-Bernadette pour en devenir l'administrateur le 16 août 1974. Le 6 juillet 1983 il fut nommé curé en la paroisse Saint-Jacques, à Scoudouc, poste qu'il occupa jusqu'à sa nomination comme évêque du diocèse de Bathurst. Monseigneur Richard a aussi travaillé au sein du comité organisateur de la visite du pape Jean-Paul II à Moncton, le 13 septembre 1984.

Ordonné évêque le 5 février 1986 par Son Excellence monseigneur Donat Chiasson en la cathédrale du Sacré-Coeur de Bathurst. Il est décédé le 6 janvier 1989.

Mgr André Richard 
(1989 - 2002)

Membre de la Congrégation de Sainte-Croix, monseigneur André Richard est né à Saint-Ignace, comité de Kent, le 30 juin 1937, fils d'Olivier Richard et Eva Babineau. Après ses études primaires à Saint-Ignace, il fit son cours classique à l'Université Saint-Joseph de Memramcook. En 1958, il entra au noviciat des pères de Sainte-Croix, à Montréal. De 1959 à 1963, il poursuivit ses études théologiques à Rome. Il a été ordonné prêtre à Rome le 17 février 1963.

De retour au Canada, il est nommé professeur à l'Université Saint-Joseph. De 1965 à 1966, il étudia à Paris au Centre Dominicain pour les maîtres en formation des membres de communautés religieuses. En 1966, il se spécialise en catéchèse à Strasbourg. De retour dans l'archidiocèse de Moncton, il a été impliqué dans la pastorale des vocations et vicaire à Cap-Pelé. De 1970 à 1976, il fit du ministère dans le diocèse de Yarmouth, en Nouvelle-Ecosse, où il occupa successivement les postes de vicaire en la paroisse Cathédrale, administrateur de la paroisse de Weymouth et administrateur à Butte-Amirault. En 1976, il est élu supérieur provincial de sa communauté au Nouveau-Brunswick, poste qu'il occupa jusqu'en 1985 alors qu'il est nommé directeur de la Maison Sainte-Croix à Pré-d'en-Haut. Il fut ordonné évêque le 9 août 1989 par Son Excellence monseigneur Donat Chiasson, en la cathédrale du Sacré-Coeur, à Bathurst.

Actif au sein de la Conférence des évêques catholiques du Canada (CECC), il est actuellement membre de la Commission épiscopale d'éducation chrétienne au secteur français. Il avait auparavant fait partie du Conseil permanent de la CECC pendant quatre ans et de la commission sectorielle francophone des communications sociales. En 1999, il a agi comme président du Comité national pour la préparation du Grand Jubilé de l'an 2000. De 1998 à 2000, il fut président de l'Assemblée des évêques de l'Atlantique. Le 17 mars 2002 le pape Jean-Paul II le nomme archevêque du diocèse de Moncton où il sera intronisé le 14 mai.

Mgr Valéry Vienneau
(2002 - 2013)

Élu évêque du diocèse de Bathurst, Monseigneur Valéry Vienneau est né le 13 octobre 1947, à Cap-Pelé, fils de Stanislas Vienneau et d'Emma Donel.

Il a obtenu un Baccalauréat en Arts mention philosophie en 1968 et un Baccalauréat en Education en 1971 de l'Université de Moncton. Il a enseigné pendant neuf ans dans les écoles publiques de sa paroisse natale avant de faire ses études en Théologie au Collège dominicain de philosophie et de théologie à Ottawa, d'où il a obtenu un Baccalauréat en Théologie en 1980 et une Maîtrise ès arts en théologie en 1987.

Ordonné prêtre le 29 août 1982 pour l'archidiocèse de Moncton, il y a exercé différents ministères. En 1997, il est nommé vicaire général de l'archidiocèse de Moncton et curé de la cathédrale Notre-Dame-de-l'Assomption. En 1998, il est nommé aumônier à l'Université de Moncton et curé à Notre-Dame d'Acadie ( Campus universitaire ). En l'an 2002, il est nommé responsable des réaménagements pastoraux pour l'archidiocèse de Moncton et de la formation des membres des équipes d'animation pastorale. En 2002, il a été élu administrateur diocésain. Le 3 juillet 2002, il fut nommé évêque de Bathurst et le 8 octobre Son Excellence monseigneur André Richard lui conférait l'ordination épiscopale.

Statistiques

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